Un autre de mes dadas : les droits des femmes

Cela fait plusieurs fois que je me «pogne» avec des masculinistes.

Je suis bien prête à reconnaître que notre système d’éducation dévalorise les traits de personnalité masculins. Je suis d’accord avec Pierre Légaré là-dessus. Il faudrait plus d’hommes enseignants, surtout au primaire.

Oui, il y a des femmes manipulatrices, violentes, malhonnêtes, négligentes. Oui, il y a des hommes qui se font remettre trois «trente sous» pour une piastre. Et on a toutes nos mauvais côtés, il faut être honnête et l’admettre. Mais lorsqu’on vient me dire que :

  1. Le système judiciaire favorise systématiquement et toujours les femmes;
  2. Les «féministes» (faut voir comment on définit le terme «féministe», en passant; je ne suis pas sûre qu’il y a beaucoup de femmes qui ont envie d’être «féministe» selon la définition tordue que certains masculinistes adoptent) sont responsables de tout ce qui va mal dans la société;
  3. Il y a autant, voire plus d’hommes maltraités par leur conjointe que le contraire;
  4. Les «féministes» négligent systématiquement leurs enfants;

je vois rouge!

Pis les gars, là-dedans, ils font quoi? Ne venez pas me dire qu’il n’y a jamais un homme qui a battu ses enfants, sa femme, et/ou qui les a tués! Et parfois ce sont des hommes qui ne souffrent pas d’une maladie mentale (au sens du DSM-IV). Non, il y a des hommes qui, lorsque leur femme les quitte, disent «si je ne peux pas t’avoir, personne d’autre ne pourra» et BANG! Pour eux, leur femme et leurs enfants sont des possessions, du bétail (chattel).

CHAQUE fois qu’on parle d’une femme dans les nouvelles, il y a toujours un frustré qui ramène la rengaine «ah les maudites féministes» même s’il n’y a aucun rapport avec le sujet.

Je me demande parfois de quoi ce frustré a l’air, combien il pèse, etc. Si certains hommes aiment décrire les «féministes» comme des lesbiennes à moustache haineuses (et ils vont même jusqu’à inclure Françoise David là-dedans alors qu’elle n’est ni lesbienne, ni laide, ni haineuse), ben moi je peux décrire les masculinistes comme des gros bedonnants asociaux à cheveux gras qui ne pognent pas auprès des femmes! Yesss! I’ve said it pis ça fait du bien!

Dans le fond, c’est une certaine idée d’un certain comportement chez certaines femmes que ces frustrés dénoncent. Je ne suis pas sûre qu’il est si répandu que ça. On ne parle pratiquement plus des «féministes enragées» dans les médias. Pourquoi? Leur discours est dépassé, il manquait de nuances. Les recherchistes des postes de télévision invitent encore et toujours toujours les mêmes vieilles peaux (j’les nommerai pas) et donnent ainsi l’impression qu’elles ont encore un auditoire.

Ben moi, les téléromans, je n’en ai jamais vraiment écouté beaucoup pis les Dames de coeur c’est vieux pas mal comme émission de télé.

Peut-être que les femmes ont été les premières à se plaindre des rôles que la société leur imposait (le mot n’est pas trop fort) comme celui de madone, pute, mère, femme au foyer — quoique, à ma connaisance, un des premiers auteurs à avoir écrit là-dessus était un homme (John Stuart Mill). Il faut aller voir un peu plus loin que ça. Les hommes aussi se sont fait imposer un comportement (ex. «les gars ça pleure pas») et des rôles rigides («the breadwinner», qui met toute la responsabilité de la survie économique de l’unité familiale sur une seule personne.)

On s’est tous (hommes autant que femmes) fait fourrer par les rôles traditionnels. L’éducation que les filles de mon âge recevaient et les attentes qu’on leur créait ne fittaient pas du tout avec les attentes et les rôles qu’on inculquait aux hommes. On s’est tous fait fourrer. Je pense que la seule solution, c’est d’entrer en relation sans masque, sans attente, sans préjugé avec l’autre sexe. Pour ça, il faut accepter de baisser sa garde un peu. Et il y a plein de gens (hommes et femmes) qui sont blessés, amers et méfiants. Je peux comprendre ça.

On se fait aussi régulièrement dire que les femmes sont matérialistes, que c’est pour ça qu’elles travaillent à l’extérieur. Variante : si les gens couraient moins après les bebelles, la femme pourrait rester à la maison et s’occuper des enfants. Et bien entendu, les femmes occupent des emplois qui devraient revenir aux hommes, à cause des «maudits programmes de discrimination positive» qui ont pour effet de promouvoir des incompétent(e)s. Pardon?

Wô là! Une minute!

Moi je n’attends pas après personne pour me faire vivre. Mon ex pensait que je l’avais épousé pour son argent… mais passons.

Je n’ai rien contre le fait qu’une femme (ou un homme! pourquoi pas) reste à la maison pour s’occuper des enfants un mois, six ans ou toute sa vie, si c’est un choix libre (malheureusement, on n’a pas toujours le choix). Mais pensez-vous que quelqu’un à qui c’est imposé va être heureux? Qu’il ou elle va faire une bonne job? Mmmmm, j’en doute.

À ce que je sache, une livre de beurre coûte le même prix, une session d’université coûte le même prix, qu’on soit une femme ou un homme. Pourquoi ce serait normal que les femmes soient encore, en 2007, payées environ 72% du salaire d’un homme? Parce que le salaire de madame, c’est pour «se payer du luxe»? Parce que «de toute façon elle va démissionner pour retourner à la maison, et ses études c’est du gaspillage pour la société»?

On m’a aussi reproché (je ne suis pas médecin) que les femmes médecins font moins d’heures que les hommes médecins et qu’elles donnent par conséquent un moins bon service. Ben, peut-être que les médecins travaillaient trop avant et que, maintenant, c’est plus humain, plus réaliste… vrai ou faux? Les jeunes avocats et comptables, etc., tous sexes confondus, ne veulent plus faire des semaines de 80 heures comme prix à payer pour devenir associés, parce qu’ils ou elles veulent voir grandir leurs enfants. Moi je dis yessss! les premières années d’un enfant, ça ne revient pas. On est moins productifs, diront les lucides. Franchement! se tuer à la job et être malheureux, c’est ça être productif?

Vous savez, il y a même des hommes qui me sortent encore l’argument comme quoi le cerveau des femmes est plus petit que celui des hommes!

Pourquoi est-ce que les gens des deux sexes ne pourraient pas laisser leurs attentes à la Cendrillon de côté, leur méfiance de côté, et entrer en relation et se montrer tels qu’ils sont vraiment? Ça va faire, les masques! Un masque qui parle à un autre masque, ce n’est pas une vraie communication, ça!

Franchement mesdames, est-ce que ça vaut la peine de faire une crise parce que monsieur ne plie pas les serviettes de la même manière que vous? Non mais tsé!

À propos, je n’ai rien contre les lesbiennes. J’en parle parce que certains masculinistes-misogynes-frustrés utilisent ce mot comme une insulte.

À suivre…

Publicités
Publié dans Droits de la personne, Droits des femmes, Humeur, Politique québécoise, Sexualité, Société. Commentaires fermés sur Un autre de mes dadas : les droits des femmes
%d blogueurs aiment cette page :