Quarante-neuf pour cent des Québécois sont plus ou moins analphabètes

Affiche du ministère de l’Éducation du Québec.

C’est terrifiant. Et, hélas, je crois que cela explique bien des
choses…

Merci à Pierre Bluteau. Je reproduis ici son texte.

Je viens de recevoir mon numéro de janvier du journal Alternatives. Première page, un titre attire mon attention : Les geôles de l’ignorance, un article écrit par Gilles Mcmillan portant sur l’analphabétisme au Québec. Un article troublant à bien des égards. J’ai toujours pensé qu’environ 25 % des Québécois étaient analphabètes fonctionnels mais voilà que, selon les résultats de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA, 2003), 49 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans éprouvent de telles difficultés à lire.
Pour monsieur Mehran Ebrahimi, professeur au Département de management et de technologie de l’UQAM, spécialisé en études comparées des systèmes d’éducation dans le monde, « l’enquête internationale rend compte d’une situation tellement catastrophique, qu’il n’y a pas à tergiverser sur les questions de terminologie, pourcentages et méthodologie. La situation est grave, point. »
La situation que nous vivons au Québec (et particulièrement dans la région de la Chaudière-Appalaches) est « le résultat de décisions politiques aliénées à une idéologie, le capitalisme financier, qui confisquent tous les secteurs de la société. Une règle : gagner vite de l’argent, qu’importe comment, et consommer. Selon cet esprit, qui ne s’applique pas de manière aussi brutale dans tous les pays de l’OCDE, l’éducation, la formation et la culture représentent une perte d’argent. Elles sont même détestables, une affaire de loser.» selon monsieur Ebrahimi.

Le paragraphe sur la haine de l’éducation et de la culture donne froid dans le dos.
La conclusion de l’article de monsieur Mcmillan est tout à fait juste: « Que reste-t-il des pratiques démocratiques quand l’école et la culture sont envahies par l’esprit d’entreprise et de l’entrepreneurship ? Ne vous demandez pas pourquoi les médias ne soulèvent pas le problème de l’analphabétisme ou de l’illettrisme au Québec, pas plus que les universités ou si peu. M. Ebrahimi parle même d’une loi du silence à ce sujet. Alors que dit-elle cette loi du silence et, à travers elle, les analphabètes ? Que les geôliers de l’ignorance l’emportent! »

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En effet, on peut même se demander si ce n’est pas délibéré. Cela me rappelle
un billet que j’ai publié le lundi 20 août 2007, L’abrutissement
délibéré des citoyens
. Et cela me rappelle aussi 1984, où l’on
soustrait tous les ans des mots du dictionnaire pour les remplacer par crimepensée.

Il y a une Fondation
pour l’alphabétisation
au Québec.

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Publié dans Éducation, Droits de la personne, Société, Tristesse, Vu et lu sur la toile. Commentaires fermés sur Quarante-neuf pour cent des Québécois sont plus ou moins analphabètes
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