Mes impressions du film Le dernier continent

Affiche du film

Affiche du film

Je suis finalement allée voir le film de Jean Lemire Le dernier continent. (Liste des salles)  Je vais tenter de vous faire part de mes impressions sur le film mais aussi de lancer un débat sur le thème de l’environnement, des changements climatiques et surtout tenter de décrire que les gens ordinaires peuvent faire au quotidien pour préserver l’environnement.

Article de Radio-Canada sur le film.

Fiche du film sur le site du quotidien La Presse.

Site officiel du film.

Archives de la Mission Antarctique.

Site de la Fondation Sedna.

Sedna.tv

Section Environnement de La Presse, où Jean Lemire écrit souvent.

Premièrement, il faut être conscient qu’un film de ce genre demande une logistique considérable : il y avait deux équipages (dont 13 sont restés à bord tout l’hiver), un voilier de 150 tonnes (si ma mémoire est bonne) dont le port d’attache est Cap-aux-Meules, un brise-glace pour le ravitaillement (bouffe, carburant, outils, contreplaqué qui a servi notamment à fabriquer des buts de hockey…) qui a lieu alors que la mer est grosse, au risque que le voilier se fracasse contre le brise-glace beaucoup plus gros, un médecin (pas mal indispensable!), un psycholoque, une cuisinière… Tout cela coûte très cher — sans même parler du budget de réalisation et de diffusion du film. L’équipe est formée de Québécois, d’après ce que j’ai pu constater, et je pense qu’on peut être fiers car c’est du beau travail. Je dirai que j’ai été très émue de voir le bateau battant pavillon canadien (à la poupe comme il se doit), québécois et français si loin de chez nous…

Certaines scènes sont vraiment impressionnantes, notamment la tempête qui force le Sedna IV à quitter la petite baie (baptisée Sedna) où il était amarré pour l’hiver en raison du risque d’être projeté contre les rochers. Les paysages sont magnifiques, comme je m’y attendais. L’absence de glace sur l’eau pendant la plus grande partie du tournage et la mention qu’il n’a jamais fait plus froid que -14°C (crime! en Antarctique!) pendant tout l’hiver, les blocs de glace qui se détachent dans un bruit de tonnerre, le fait que la baie en question était il n’y a pas si longtemps couverte de plusieurs dizaines de mètres de glace dont il ne reste plus trace, le fait que l’équipage se fait bronzer, sort sans tuque et sans gants très souvent — au pôle Sud! — montre selon moi sans l’ombre d’un doute qu’il y a quelque chose qui cloche sérieusement avec le climat, tout comme la présence d’oiseaux (notamment des manchots) qui vivent habituellement bien plus au nord, où il fait plus chaud.

 L’équipage a dû se donner beaucoup de peine pour conserver ses vivres alors qu’il ne faisait pas suffisamment froid dehors, en en enterrant une partie dans la neige et en faisant la rotation avec les congélateur à bord. Durant le déchargement de la cargaison, le fou rire gagne deux membres de l’équipe complètement fourbus lorsqu’ils se rendent compte qu’ils ont 200 kilos de purée de tomates en stock. Après avoir travaillé toute la journée, cela leur paraît absurde…

On nous montre beaucoup l’équipage, ses occupations, son état d’esprit, ses menus et… la tête photogénique de M. Lemire (qui a d’ailleurs fait l’objet d’une blague dans le Bye Bye de RBO). Il faut comprendre que ces gens sont coupés de tout, sans aucune possibilité de sauvatage, pendant des mois et que l’adaptation de l’humain à ces rudes conditions fait partie des expériences. L’un des membres d’équipage a appris que son père a fait un ACV et regrette de ne pouvoir aller le voir; un autre téléphone à sa toute petite fille pour son anniversaire et on est évidemment ému.

Pas trop de Walt Disney : une mère phoque et son petit se perdent de vue puis se retrouvent, le petit rampe, crie et tète goûlument sa mère (et devient avec le temps agréablement rebondi), mais on ne fait pas trop de sentimentalité. J’aurais voulu qu’on parle davantage du phoque léopard, une énorme bête terrifiante à la gueule digne d’un T. Rex qui rôde souvent autour du voilier. Je me suis demandé si sa présence était dangereuse pour les plongeurs (il a bien fallu aller sous l’eau récupérer des amarres et inspecter l’hélice, entre autres, ainsi que pour les prises de vues). J’ai aussi été très impressionnée par la débrouillardise et le travail acharné de l’équipage dans ces conditions qui n’ont vraiment rien du Club Med!

 Malgré cela, je suis restée un peu sur ma faim, du moins le soir du film. Il faut dire que les émissions du National Geographic et de Jacques-Yves Cousteau ont bercé mon enfance; je suis peut-être gâtée, et les conditions hivernales ont peut-être quelque chose à y voir. La glace a fait défaut, et peut-être les budgets aussi.

Mais on parle très peu dans le film des expériences scientifiques menées par l’équipage, notamment sur la température de l’eau et le krill (dont le ballet est une des plus belles prises de vues sous-marines du film, avec celle de la méduse). On voit l’équipage manger du krill cru (je sais que cela a une odeur assez forte!).

Les rappels historiques faits par le narrateur sont intéressants, mais je crois qu’on aurait pu y consacrer moins de temps. Je ne sais pas si c’est moi mais, en dernier, cela m’a agacée un peu.

 Je suis allée le lendemain consulter les sites Web que je mentionne au début du présente billet et là, j’ai franchement été impressionnée. Vous voulez de l’information? Des vidéos? Des photos? Des textes? Allez voir, vous serez servis!

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Publié dans Environnement, Politique canadienne, Politique internationale, Politique québécoise, Sciences, Société. Étiquettes : , , , , , , . Commentaires fermés sur Mes impressions du film Le dernier continent
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