Lettre d'amour à Montreal's Finest

Le SPVM a le cœur tendre.

Si j’en crois ce que rapporte le journal La Presse aujourd’hui, les policiers avaient décidé de ne pas se servir de leurs matraques lundi. Michèle Ouimet donne dans sa chronique une image «festive» et, disons-le, carrément inquiétante de la stratégie (?) adoptée par les Montreal’s Finest devant les actes de vandalisme et les vols auxquels la victoire du Canadien contre les Bruins a servi de prétexte.

Je cite, c’est impayable comme vacuité (même si les actes de vandalisme ont coûté au bas mot 500 000 $ au SPVM et une petite fortune aux pauvres commerçants)!

Hier matin, le directeur de la police de Montréal, Yvan Delorme, a convoqué les médias. Il était flanqué de son assistant à la direction des opérations, Pierre-Paul Pichette, et d’un politicien, Claude Dauphin, responsable de la sécurité publique à Montréal. 
 
 Yvan Delorme a tenu à féliciter les policiers – on se demande pourquoi – et le Canadien. Même empressement de M. Dauphin, qui s’est précipité au micro pour dire tout le bien qu’il pense des valeureux joueurs de hockey tout en ajoutant: «On est tous des partisans du Canadien.»Merci de parler en mon nom et en celui de tous ceux que le hockey ennuie, sans oublier les fans des Bruins.
Voyez le portrait: une police et un responsable de la sécurité publique béats devant le Canadien.
M. Delorme a précisé que les policiers n’étaient pas là pour empêcher les Montréalais de fêter, mais pour «accompagner les partisans».
«Je ne veux pas suspendre les droits et libertés des citoyens», a-t-il ajouté.
Empêcher des voyous de mettre le feu à des autos de police ou de saccager des commerces n’enfreint en rien les droits des citoyens. Au contraire. La police est devenue tellement politically correct qu’elle n’ose plus brandir une matraque. Imaginez le scandale s’il fallait qu’un badaud filme un policier pendant qu’il s’active sur un manifestant et que les images fassent le tour du monde sur YouTube.
Personne ne veut retourner à l’époque du samedi de la matraque, où les policiers frappaient sur tout ce qui bougeait. C’est une évidence. Sauf qu’aujourd’hui, la police est tombée dans l’autre extrême. Elle n’ose plus être une police. Elle n’en a que pour la sociologie et la psychologie.
«Votre approche n’est-elle pas trop conviviale?» a demandé un journaliste.

 

M. Delorme a eu cette réponse renversante: «Non, on était sur un mode festif.» Bref, il ne fallait surtout pas casser le party ou ternir la victoire du Canadien vénéré par MM. Delorme et Dauphin.

 

Pendant que la police se branchait sur la festivité, des voyous abîmaient ou mettaient le feu à 16 voitures et fracassaient les vitrines d’une dizaine de commerces.

«Je suis déçu, a jouté M. Delorme. Nous devons protéger les citoyens de Montréal, pas les arrêter.»

J’en étais comme deux ronds de flan.

Et M. Pichette, le responsable des opérations, en a rajouté. Lui aussi, était déçu. «On a fait du chemin depuis 1993 (année où des partisans du Canadien ont foutu le bordel au centre-ville). Je pensais que la société, aussi, avait évolué.»

Est-ce son analyse sociologique maison qui l’a amené à ne pas envoyer suffisamment de renforts au centre-ville?

M. Delorme a refusé de dire combien de policiers avaient été envoyés sur le terrain. Pour des raisons stratégiques et pour éviter de compromettre des opérations futures.

J’avais l’impression de me retrouver en Afghanistan devant l’armée qui refusait de nous donner des informations, car elles risquaient de mettre la vie de soldats en danger. Mais Montréal n’est pas Kandahar. Le silence de M. Delorme sert davantage à masquer le vide et l’incompétence de la police qu’à protéger une hypothétique stratégie.

«Nous avions un plan», a-t-il dit. Ah oui? Où ça? Quel plan?
 

 Bien entendu, M. Je-sens-le-vent Dumont appelle à davantage de répression.

Moi je pense que ça ne prend pas DAVANTAGE de répression, mais une répression MIEUX CIBLÉE, plus EFFICACE, des policiers plus nombreux et plus visibles et une intervention RAPIDE s’il y a du grabuge.

Je n’ai rien contre les policiers sociologues, psychologues, etc. C’est parfois très utile, et ça les humanise. Mais là, il semble qu’on est devant des casseurs organisés (sauf quand ils volent seulement le pied droit des espadrilles!).

Serait-ce nos «anarchos» d’il y a un mois ou deux? Il faut y voir clair.

Je n’en attends pas moins de vous, messieurs-dames de la police.

J’espère aussi que vous ne céderez pas aux pressions des démagogues à grande gueule qui veulent nous ramener vers le samedi de la matraque. C’est vous les spécialistes, au SPVM. Tirez les conclusions qui s’imposent de ce qui est arrivé lundi et corrigez votre stratégie.

Oh, et puis, laissez donc les bagnoles au poste (ou sous bonne garde) la prochaine fois. Ça commence à faire cher…

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Publié dans Humeur, Mourial, Politique québécoise, Société. Étiquettes : , , , , . Commentaires fermés sur Lettre d'amour à Montreal's Finest
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