Ah les maudites féminifascistes (prise 923)… soupir!

Ce billet a été retravaillé pour corriger des fautes, des liens entre des idées, et préciser certains points.

Aujourd’hui, Marie-Claude Lortie revient sur l’histoire du bonhomme qui a séquestré sa fille dans la cave pendant 24 ans et lui a fait 7 enfants.

Tout de suite, un homme monte aux barricades et dit que c’est un «méfait du patriarcat».

Évidemment, il y a des gens qui ne sont pas d’accord. Et, évidemment aussi, quelqu’un vient fatalement dire «certaines féministes sont connes». Bon. Yé. C’est déjà plus nuancé que «les féministes sont connes». Et je suis d’accord avec lui.

Et puis d’autres arrivent avec d’autres faits divers, où les sexes sont inversés. Désolée, mais un fait divers n’est pas une preuve (le cas de figure peut se présenter; mais ce n’est pas une règle).

Je veux reproduire ici ce que j’ai écrit, et peut-être pousser l’analyse plus loin.

En passant, c’est drôle que ce genre de mise au point soit nécessaire. Moi ça me paraît tellement évident… Mais il y a des gens qui ont été blessés et ils ont tendance à réagir émotivement sur certains sujets. Moi-même, votre hôte, j’ai endommagé mon plafond quelques fois en lisant certains commentaires masculinistes. 😳

Le masculinisme est une idéologie de droite insidieuse (ouaip, Anarcho-pragmatiste est un tenant du patriarcat, qui est une idéologie de la drette qui pette — un groupe dominant qui veut garder ses privilèges. On essaie de nous faire croire que c’était mieux avant, que les rapports de domination- soumission c’était naturel, que c’était idéal. Or, ces tendances et des rôles ne sont pas naturels. À preuve, dans d’autres cultures, les rapports entre les sexes ne se passent pas comme ça. Ensuite, ça sous-entend que ce qui est «naturel» (les hommes préhistoriques mouraient jeunes; c’était naturel vu leurs conditions de vie!) ou «antique» est forcément bon. Je crois que c’est davantage une argumentation pour justifier de retourner en arrière en prétendant que tous les hommes sont systématiquement lésés, toujours et tout le temps par les progrès de la condition féminine. On veut faire croire qu’il s’agit d’une conspiration systématique.

Les masculinistes voient le pouvoir dans un couple comme une tarte : si l’un en a plus, l’autre en a moins. Où est l’amour là-dedans, qui fait que les gens sont biens ensemble et restent parce qu’ils le veulent? Je crois que les liens les plus solides sont intangibles, invisibles.

Pourquoi cette crainte de perdre son pouvoir, cette hantise de l’exercer à tout prix (littéralement)? J’avais lu que les hommes qui battent leur femme ont un gros complexe d’infériorité : ils croient que s’ils ne sont pas contrôlants, elle ne restera pas. Comme si une femme était un oiseau sauvage qui risque à tout moment de s’envoler! Et les pervers narcissiques, de leur côté, se sentent vides en dedans et, pour se remplir, vident les autres de leur énergie. Ils poussent la cruauté mentale (ert parfois physique) très loin. Comme leur ego est fragile, admettre leurs torts serait la défaite absolue, ils s’écrouleraient. Il leur faut donc avoir le dernier mot… à tout prix.

Si je suis sûre de moi, si j’ai confiance en moi, le fait que l’autre est «habilité» n’est pas menaçant pour moi. Au cotnraire, c’est là qu’on peut vraiment travailler en équipe. Les gens contrôlants obtiennent le contraire de ce qu’ils espèrent. Plus ils essaient, plus l’autre fuit. Ils me font penser à des noyés insécures qui s’accrochent violemment à la moindre brindille.

On retrouve cet acharnement, cette insécurité, dans le harcèlement qui dure de longues années, les meurtres suivis de suicide, les batailles juridiques incessantes, jusqu’à la quérulence. Certains ont tellement manqué d’amour qu’ils ne voient pas qu’ils ont tiout fait pour qu’on ne les aime plus. Impossible d’admettre ses torts. Plutôt mourir que perdre la face.

Il y a aussi des gens mal informés (c.-à-d., souvent, touchés par la propagande masculiniste) qui prétendent que les sexes sont en guerre. Non mais ta*, quand est-ce que les gens vont s’enlever ça de la tête?

OK — on respire. Je ne vais pas aborder aujourd’hui la question des femmes (il y en a, je suppose — mais je n’en connais pas!) qui divorcent et lavent leur conjoint financièrement, voire autrement. Par contre, je vais dire tout de suite que je me refuse à croire que c’est une pratique généralisée. Que c’est ainsi que TOUTES les femmes se comportent. Voyons donc. Pensez-y deux secondes. Si vous croyez ça messieurs, devenez gays!

Nenon, bien sûr, je niaise — comme si on pouvait «devenir gay»! On peut décider d’essayer par curiosité, ou être bisexuel. Mais on ne devient pas gay. Parfois ça ne se manifeste pas tout de suite, mais seulement plus tard. Mais on est conçu gay, d’après moi. Et puis le prochain qui me sort l’argument «les animaux ne le font pas», je lui réponds 1. Ouin? Les animaux ne parlent pas non plus! et 2. C’est tout simplement faux.

Je parle en termes théoriques, éviudement. Mais je signale qu’avec le mariage gay, les anti-femmes auraient le même problème parce que la violence conjugale n’est pas propre à un sexe ou à une orientation sexuelle. Il y a de la violence conjugale dans certains couples gays et lesbiens aussi. Pas facile d’avoir de l’aide quand les gens rient de toi et te traitent de fifi! C’est pire que pour les hétéros, je pense.

La violence conjugale est un sujet qui me touche de près. Ce n’est pas facile d’en parler. Mais je n’accepte pas qu’on mette sur le même pied quelqu’un qui parle bête et quelqu’un qui tue.

Première intervention
«Je ne suis pas sûre que l’histoire relatée dans le lien que Mme Lortie a collé soit un bon exemple de «méfaits du patriarcat». C’est plus un «banal» cas de maladie mentale. (Le deuxième cas en Autriche… ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas au Québec.)

M. Laurendeau, si je peux me permettre une observation, si vous voulez donner des exemples de méfaits du patriarcat, je pense qu’il va falloir que vous trouviez autre chose parce que ce n’est vraiment pas un bon exemple. Ça ne fait pas une argumentation très solide.

Perso, en tant que travailleuse autonome et conjointe d’un homme qui me traite très bien, je n’ai pas de problème avec le patriarcat. Ça ne veut pas dire que personne n’en a mais il va falloir une analyse plus rigoureuse que ça. Les règles rigides du patriarcat telles qu’elles étaient dans les années 40 (par exemple) étaient oppressives pour tout le monde, hommes, femmes et enfants, et pas seulement pour les femmes. Bien des fils se sont fait imposer un métier ou une femme par leur père à cette époque. Je crois que ce genre de choses est devenu très rare au Québec en 2008.»

Deuxième intervention
«Je pense que personne n’aime se faire mettre dans le même panier que quelqu’un qui est manifestement fêlé de la cafetière. C’est bien important de faire les nuances qui s’imposent sinon les gens se sentent insultés et ils n’ont pas tort.»

Troisième intervention
«Je suis féministe mon cher. Vous êtes tombé dans mon piège. Non, je blague. Écoutez un peu ceci.

Pour votre info, dire que quelqu’un est féministe, ce n’est pas dire grand-chose parce que chez les auteur(e)s féministes ont trouve de tout et son contraire, depuis celles pour qui il faut nécessairement être lesbienne et qui disent que l’«homme» (uh? c’est quoi ça ce concept fourre-tout?) est un «ennemi de classe» et autre bullshit, jusqu’aux gens comme moi.

Déblatérer sur «les féministes sont comme-ci» ça ne veut rien dire. Point.

Et je pense de temps en temps aux 12 femmes assassinées à Poly. Le gars qui a fait ça était très mal dans sa peau. Mais ça ne rend service à personne d’attribuer ça aux mauvaises causes.

Les gars corrects ont raison de protester quand on les associe automatiquement à ça. Le type qu’un collègue de travail à moi a entendu dire à un autre «Moi ma femme je l’ai domptée» plus un chapelet de conneries du même genre, LUI, il a un peu moins raison de protester.

Il y a des degrés là-dedans : le féminisme, et l’attitude envers les femmes.»

Quatrième intervention
«Je dirais même que l’étiquette «féministe» a été tellement galvaudée qu’elle a été vidée de tout contenu.

Et puis avant de s’énerver au sujet de ce que Mme X ou Mme Y, supposée «grande penseuse féministe», a dit de flyé, il faut voir combien de gens l’écoutent. Ses idées sont-elles reprises? A-t-elle de l’influence? Généralement les extrémistes ne sont lu(e)s que par d’autres extrémistes.

Ce n’est pas parce qu’on voit Mme Unetelle déblatérer à la télé que ce qu’elle dit a du poids. J’ai noté maintes fois que les recherchistes invitent souvent les mêmes faces. Parfois on invite les «vieux de la vieille» par habitude, par respect alors qu’ils/elles sont complètement dépassé(e)s. Si une émission a une cote d’écoute de 30 000 personnes, son influence est très marginale, surtout qu’elle attire probablement des gens déjà convaincus.

Juger de l’importance d’un phénomène social, ce n’est pas quelque chose qui s’improvise.»

Cinquième intervention
«La dame qui a noyé ses 5 enfants (c’est une nouvelle qui date de plusieurs années et c’est un fait divers, pas un comportement courant) faisait un grave dépression post-partum mais elle et son mari étaient dans une secte et on les a dissuadés d’aller voir un psychiatre. Son mari était absent de la maison le jour, il travaillait.

Allez voir en dessous de la surface avant de juger.

Quand 200 000 femmes le feront on pourra parler de tendance.»

 Références

  1. Histoire du masculinisme : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/archives/Quand-des-peres-se-vengent/Le-masculinisme/813720.html
  2. http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/archives/Quand-des-peres-se-vengent/Le-masculinisme/813720,CmC=816112.html
  3. http://www.cmaq.net/fr/node.php?id=11815
  4. http://www.swc-cfc.gc.ca/pubs/pubspr/0662882857/index_f.html
  5. http://sisyphe.org/article.php3?id_article=329
  6. http://www.optionsante.com/yd_reactions_reussite_react.php
  7. http://sisyphe.org/article.php3?id_article=531
  8. http://www.breadnroses.ca/forums/viewtopic.php?t=19128
  9. http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/archives/Quand-des-peres-se-vengent/Le-masculinisme/813720,CmC=813706.html
Publicités
Publié dans Droits de la personne, Droits des femmes, Humeur, Philosophie politique, Société. Étiquettes : , , , , , , . Commentaires fermés sur Ah les maudites féminifascistes (prise 923)… soupir!
%d blogueurs aiment cette page :