Requiem pour une critique littéraire non encore écrite?

Les femmes gagnent encore 71% du salaire des hommes. Selon les masculinistes, il s’agit d’un choix délibéré. Parfois peut-être. Mais toujours?

Dans la grande majorité des cas ce sont les femmes qui prennent les congés parentaux, qui refusent des promotions car elles veulent avoir du temps pour rester à la maison (et faire le ménage!) , et ce sont presque toujours les femmes qui manquent le travail pour rester à la maison avec les enfants malades. Elles choisissent aussi des emplois à temps partiel pour pouvoir s’occuper des enfants. Le tout se solde par des revenus plus faibles.

Les hommes québécois sont ceux qui partagent le plus les congés parentaux au Canada et qui aident le plus dans la maison. Mais il y a encore un écart.

Lers masculinistes disent toujours qu’ils en ont contre les féministes (un terme qu’ils ne définissent jamais) mais en réalité ils attaquent toutes les femmes et les étiquettent dès qu’elles essaient d’émettre une opinion. Il y a en ce moment une tentative délibérée de noyauter tous les blogues francophones au Québec, dont ceux du J de M et de la Presse, pour susciter la haine contre les femmes  et encourager les hommes frustrés à se joindre à leur mouvement. Tous les sujets sont bons, même ceux qui n’ont aucun rapport.

La tactique est simple : provoquer et insulter jusqu’à ce que l’autre personne se fâche, puis dire «je vous l’avais bien dit». Ils vont jusqu’à réécrire l’histoire pour prétendre que les femmes ont beaucoup de pouvoir (une impératrice de Chine parmi je ne sais combien d’empereurs! Elizabeth Ire, dont le frère est mort jeune! alors qu’il y a eu bien plus de rois que de reines qui ont réellement eu un pouvoir quelconque) , au mépris des faits et des statistiques… souvent colligés par des hommes! Mais tout ce qui est favorable aux femmes est suspect par définition. Donc les hommes favorables aux femmes aussi et tout y passe côté insultes.

J’ai annoncé sur mon site que j’allais faire une critique d’un livre sur les masculinistes. Je n’ai rien écrit encore mais certains présument déjà connaître mon opinion et j’ai eu des insultes et des menaces. Or pourtant je voulais faire une critique équilibrée car il y a effectivement eu des dérapages et des exagérations dans le féminisme, mais j’aime bien me faire ma propre idée sur les choses. C’est assez symptômatique.

Le moindrement qu’une femme essaie d’expliquer des choses,  elle est instantanément étiquetée féminazie et bombardée de commentaires haineux. Et pas juste un petit peu haineux : c’est difficilement soutenable. Autrement dit, vous aimez vos femmes soumises et muettes.

Je crains le pire.

 

Ajout le 27 juillet 2008

Je sais bien qu’il y a des féministes complètement flyées qui ont écrit des choses haineuses contre les hommes. je n’ai pas lu tellement de leurs textes (je trouve ça imbuvable!) mais ça me suffit de savoir qu’elles existent.

J’aimerais mentionner ceci :
1. Il y a des gens dont ça fait l’affaire d’attribuer aux ff (je déteste tellement cette expression que je ne veux pas l’écrire) toutes les situations négatives que vivent les hommes (et je reconnais dès le départ qu’il y en a; il y a aussi des décision vraiment stupides qui se prennent comme l’abolition des récréations dans les écoles). Chez certains hommes, cela peut être une manière commode de s’apitoyer sur leur sort. Mais je ne crois pas que ce soit les ff ni même les femmes en général qui soient la seule cause.

Ces gens présupposent a. que les femmes ont le pouvoir effectif, sinon officiel; b. que ces situations sont voulues et c. que les femmes n’en souffrent pas autant que les hommes mais qu’elels sont avantagées. Exemple : dans les rôles traditionnels (mettons dans les années 50 quand j’étais bébé), bien des hommes étaient culturellement poussés à travailler beaucoup (donc à être souvent absents de la maison, ce qui les empêchait de s’occuper des enfants et d’établir un lien avec eux; en plus ils s’étaient fait dire que ce n’était pas leur job), parfois au péril de leur santé, et à être le seul soutien financier de famille (gros stress et mauvaise idée car si monsieur perd sa job, patatras) et c’était un symbole d’échec dans certains groupes si une femme mariée travaillait.

2. Ce n’est pas parce qu’on a eu une mauvaise relation avec nos anciennes blondes ou que notre patronne fait du sexisme à l’envers (la discrimination positive ne doit jamais avoir pour effet de nommer des incompétent/es qui ne méritent pas un poste, sinon les gens laissés de côté ont de bonnes raisons de se plaindre) que toutes les femmes sont nécessairement des viragos! (Jamais été capable de faire comprendre ça à UHEC.) Oui, il y a des exploiteuses et oui, il y a des femmes qui sont violentes. Mais ça s’exprime de façon différente et dans des circonstances différentes, selon l’étude la plus récente qui en parle. Et jusqu’à preuve du contraire, malgré ce que je viens de dire (car la même étude le conforme) il y a encore six fois plus de femmes qui se font tuer par leur conjoint ou leur ex, que le contraire. Anecdote : je ne dis pas que c’est un cas général, mais j’avais un conjoint passif-agressif (tout faire pour faire enrager les autres sans que ça paraisse) qui dénigrait tout le monde dans la famille. Une bonne journée, mon fils en a eu plein son casque de se faire dénigrer et de me voir dénigrer. Devinez la suite. Et pourtant le dénigreur «n’avait rien fait» selon lui. Il s’est retrouvé devant la DPJ. Il est encore convaincu (du moins consciemment) qu’il n’a «rien» fait. (Soit dit en passant ce déni est assez caractéristique, mais c’est un autre débat.)

3. Comme je disais ailleurs, il y a des hommes qui ont des relations très conflictuelles avec les femmes et dès qu’on conteste certains faits on devient instantanément une ff à leurs yeux. Moi je me suis fait dire des choses renversantes juste parce que j’ai dit que je voulais faire une critique littéraire d’un livre (de un, je ne l’ai pas encore lu et de deux, ça m’étonnerait que je sois d’accord avec tout ce qu’il y a dedans).

4. Il y a souvent un décalage entre la réalité et la conscience que les gens en ont ou le discours qu’ils tiennent, comme si leurs perceptions étaient en retard sur la réalité. Il y a de grosses différences de comportement aussi chez les gens d’un groupe d’âge à l’autre et selon leur éducation et leur background, notamment culturel (et je ne parle pas nécessairement des groupes ethniques, car il y a des pure laine carrément aberrants tellement ils sont machos). Les jeunes hommes québécois participent beaucoup plus que les autres aux travaux ménagers, il s’occupent avec joie dew leurs enfants, il y tiennent beaucoup et ils sont de loin les premiers au Canada pour els congés parentaux. De tous les hommes que je connais, la plupart ont de bonnes relations (harmonieuses et égalitaires) avec les femmes. Les femmes décalées dans leurs perceptions qui remettent sur le tapis les erreurs de leur ex il y a 20 ans (très mauvais pour la santé, la rancune, à propos!) devraient peut-être y penser, et les «expertes» d’un âge certain que les recherchistes de la télévision invitent à répétition parce qu’elles sont trop paresseuses pour trouver mieux devraient renouveler leur discours. Car lorsque ces vieilles chipies passent à la télé, la visibilité qu’on leur donne crée faussement l’impression que toutes les femmes pensent comme ça!

C’est tellement frappant : quand elles parlent des hommes, elles ont QUI en tête, ces harpies has been? Leur ex de 70 ans qu’elles ont divorcé pour un gars de 25 ans? Moi mon conjoint est 7 ans plus vieux que moi (59/52), et c’est lui fait le ménage (ah comme il travaille bien, c’est impeccable! mais je ramasse mes dégâts), parce que c’est le partage des tâches sur lequel on s’est entendu. Je cuisine parce que j’adore ça, par contre, lui déteste.

Ajout : je veux bien croire que des femmes frappent leur partenaire mais, du moins dans mon temps, les femmes étaient moins fortes que les hommes, surtout des bras. Je sais que l’effet de surprise, la colère ou la drogue peuvent accroître leur force de frappe, mais j’aimerais bien qu’on s’assure qu’on compare des pommes avec des pommes (compare-t-on des agressions de sévérité semblable? autrement dit, le questionnaire était-il bien fait?) Pris en groupe, les hommes sont encore en moyenne plus forts que les femmes. Or ça me paraît plutôt téméraire de frapper sur quelqu’un de plus foprt que soi, car il va le remettre en triple. Aussi, je me suis demande si on a posé des questions sur ce qui a précédé les coups de madame. Ça n’excuse pas madame, mais si monsieur dénigre, casse des objets, fait des menaces et sabote tout ce qui se fait dans la maison, refuse de collaborer, etc., et que ça fait des mois que ça dure, ce n’est pas la même dynamique que si madame frappe juste de même. Les femmes ont la réputation d’être manipulatrices et hypocrites (on pense cela justement parce qu’elles sont en moyenne moins fortes physiquement) mais ça existe chez les hommes aussi!

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Publié dans Droits de la personne, Droits des femmes, Politique québécoise, Société. Étiquettes : , , . Commentaires fermés sur Requiem pour une critique littéraire non encore écrite?
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