En coulisse – Les organismes communautaires autonomes

Voici un article de Julie Montreuil, directrice générale de l’APDA, de Québec. Ce qui suit est de sa plume.

Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, la plupart des personnes ne connaissent absolument pas le réseau des organismes communautaires autonomes. Alors cette semaine, dans le cadre de la Semaine de l’action communautaire autonome, je ferai 5 petits articles à partager pour mieux comprendre ce milieu en prenant l’association (l’APDA) dont je suis directrice générale comme exemple.

L’Association des personnes avec une déficience de l’audition est un organisme communautaire autonome. Bien souvent les personnes confondent les fondations, les organismes de charité qui redistribuent l’argent aux associations (Centraide), les grandes associations caritatives vouées à des causes et les organismes communautaires autonomes. Pour être reconnu par le gouvernement comme organisme communautaire autonome, il faut répondre à tous les critères ci-dessous. Un organisme communautaire autonome ne se définit pas comme un organisme de charité (bien que plusieurs aient un numéro permettant de remettre des reçus de charité).

Voici les critères que les organismes communautaires autonomes doivent rencontrer :

  • être un organisme à but non lucratif;
  • être enraciné dans la communauté;
  • entretenir une vie associative et démocratique;
  • être libre de déterminer sa mission, ses approches, ses pratiques et ses orientations.avoir été constitué à l’initiative des gens de la communauté;
  • poursuivre une mission sociale qui lui soit propre et qui favorise la transformation sociale;
  • faire preuve de pratiques citoyennes et d’approches larges, axées sur la globalité de la problématique abordée;
  • être dirigé par un conseil d’administration indépendant du réseau public

Le réseau des organismes communautaires autonomes a été structuré par une politique en 2002 :

Politique gouvernementale – L’action communautaire : une contribution essentielle à l’exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec
L’organisme ici, l’APDA, a été constitué par des personnes malentendantes du milieu, il y a maintenant 28 ans. Notre mission est inscrite dans des lettres patentes déposées au REQ  :
Favoriser l’inclusion sociale des personnes vivant avec une déficience de l’audition, en offrant des services d’aide et d’entraide, de défense de droits tout en sensibilisant et en conscientisant la population aux besoins de ces personnes et de leur réalité.

En plus de cette mission, l’APDA a 5 objectifs concrets à rencontrer comme organisme. Alors, chaque année, le CA doit présenter  aux  membres en assemblée générale les activités réalisées durant l’année ainsi que les états financiers. Ces documents seront envoyés à l’Agence pour la réédition de compte. Nous sommes dans l’obligation de rencontrer notre mission.
En plus l’APDA a adopté une approche systémique qui inclue la personne dans sa globalité. Le ou la malentendantE est tout d’abord une personne avec toute sa complexité, toutes ses forces et ses problématiques évoluant dans différents milieux.

Le cadre des organismes communautaire autonome est très bien défini. Soutenir ces organismes c’est de soutenir directement les personnes concernées par la mission de l’organisme. C’est en fait le dernier milieu vraiment démocratique de notre société.

(Prochain article : Un OCA, qu’est-ce que ça mange en hiver?)

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