Dans le rouge

Par Laurie Penny

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Illustrations de Molly Crabapple

Traduction de Line Merrette
On peut voir la collaboration passée de Molly et de Laurie au sujet des manifestations anti-OTAN ici (en anglais)

©2012 Laurie Penny (texte), Molly Crabapple (illustrations)

Déjà un an! L’article original in English est ici Dans le Rouge.

Le slogan est « Carrément dans le rouge », une allusion au fait d’être couvert de dettes. C’est pour cela que des centaines de milliers d’étudiants et de syndiqués qui participent à la grève dans le secteur de l’éducation ont adopté la pratique consistant à épingler un petit carré de tissu rouge à leurs vêtements.

On trouve désormais partout des gens qui le portent, à New York, à Londres, partout où des mouvements étudiants et antiaustérité s’efforcent de se restructurer après des mois de répression policière. Dans le parc de Washington Square, à New York, des centaines de jeunes gens se rassemblent pour une marche de solidarité avec les étudiants du Québec. Ils portent des carrés rouges épinglés à leur sac, cousus à leur chemise, suspendus à leurs lobes comme boucles d’oreilles et dessinés sur leur visage. Si vous n’avez pas de carré rouge, une jeune femme munie d’une pièce de feutrine et de ciseaux à bricolage s’empressera avec zèle de vous en tailler un pendant que vous marchez tous deux entre deux rangs de policiers du NYPD à motocyclette.

Il se passe quelque chose d’important au Québec. En cette ère de stimulation visuelle incessante, les mouvements de protestation modernes ont jusqu’à maintenant évité l’imagerie mignonne, mais le carré rouge a une histoire. Il plonge ses racines dans le mouvement ouvrier québécois d’il y a plus d’une décennie et a été adopté par l’aile militante du mouvement revendicateur étudiant. Mais depuis quelques semaines, quelques mois, il a été largement adopté par tous les étudiants en grève et leurs partisans autour du monde alors que la violence policière et les lois antimanifestations répressives ont attiré l’attention du monde entier sur le mouvement.

Depuis février, des étudiants de tout le Québec sont en grève pour protester contre une hausse prévue des droits de scolarité, qui sont actuellement les plus bas au Canada. Le gouvernement provincial s’apprête à les augmenter d’une somme pouvant aller de 1 810 $ à 4 700 $. Des milliers de personnes ont marché dans les rues de Montréal pendant plus de 40 soirées consécutives, malgré la pluie tempérée canadienne qui les trempait périodiquement, dont la température rafraîchissante est celle de l’urine tiède. Ce nombre atteint fréquemment les dizaines de milliers de personnes et le mouvement ne cesse de croître. Le mois dernier, le gouvernement Charest a fait adopter à la valeur la loi 78 (une « loi spéciale »), qui contient des mesures draconiennes contre les rassemblements publics. Amnistie internationale les a rapidement condamnées comme étant des « violations des obligations internationales du Canada en matière de droits de la personne ».

Malheureusement pour le premier ministre Charest, cette tentative de mettre fin aux manifestations a eu exactement l’effet inverse. Depuis, durant les manifestations dans les quartiers, des retraités et des enfants se joignent aux étudiants pour tambouriner sur des casseroles. Les casseroles sont un signe de défi adopté à l’exemple du Chili où, dans les années 1970, les travailleurs frappaient sur leur batterie de cuisine vide dans les rues pour montrer qu’ils n’avaient rien à manger.

Maxence Valade porte un carré rouge. Nous nous rencontrons au local de son syndicat étudiant après une réunion sur les prochaines actions. Il a 20 ans et porte un pantalon de surplus militaire et la barbe négligée classique des finissants de collège. Lorsque je lui demande pourquoi il continue à faire la grève, il me donne une réponse qui s’étire, dans laquelle il est question de l’hégémonie néolibérale et des effets de la recherche du profit sur les études supérieures. Il pourrait être n’importe quel étudiant de l’hémisphère Nord si ce n’était de son œil gauche, qui a été détruit par un tir il y a trois semaines durant une manifestation.

À l’endroit où se trouvait l’œil de Maxence, il y a maintenant un trou humide rempli de matière translucide. La paupière est enflée et étirée jusqu’à une longue cicatrice violette qui donne l’impression qu’une grosse araignée essaie d’éclore hors de son front. « Des choses merdiques se produisent et alors, vous mourez », dit-il, stoïque. Il préférerait parler du « néolibéralisme » –un mot que presque tout le monde, dans une région où le fait de parler français est un sujet de fierté, prononce en anglais – plutôt que de la manière dont on se sent quand on participe à une manifestation et qu’on reprend connaissance avec un trou sanglant là où, auparavant, il y avait un œil.

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Le 4 mai, durant une manifestation des étudiants à Montréal [NdT : à Victoriaville], la police a utilisé des balles de plastique et d’autres armes contre des manifestants désarmés. Pendant la grève, qui dure déjà depuis plus de trois mois, un nombre non négligeable d’étudiants ont été gravement blessés. Maxence n’est pas le seul qui a perdu un œil et un autre jeune homme est toujours dans le coma après une hémorragie cérébrale. Comme dans bien d’autres pays où les protestations populaires contre les programmes d’austérité et les compressions se sont enflammées depuis quelques années, la brutalité policière est devenue un élément routinier du paysage politique à Montréal. « Ils ont mis au point une foule d’armes à utiliser contre les protestataires pacifiques ainsi que contre les émeutes, explique Maxence. Ils utilisent des bombes fumigènes, des balles de plastique, des matraques et du gaz lacrymogène. Ils chargent souvent les manifestants à cheval et utilisent la prise en souricière, comme au Royaume-Uni. Parfois, ils ont aussi des chiens, ce qui fait vraiment peur. »

Comme bien des jeunes Québécois, Maxence parle un peu anglais, mais s’exprime avec plus de facilité en français, une langue à laquelle il revient chaque fois qu’il a quelque chose d’important à dire. Le fossé culturel et économique qui a longtemps séparé les francophones et les anglophones au Québec, et en particulier à Montréal, est une caractéristique distinctive de ces manifestations. Elles sont assaisonnées d’un sentiment de fierté régionale dans une province dont le gouvernement instaure des changements structurels extrêmement impopulaires tels que le Plan Nord, un programme visant à ouvrir les ressources naturelles du Québec aux investissements étrangers. « Quoique vous fassiez, m’a dit l’écrivaine et activiste Amelia Schonbek, 25 ans, dites que nous sommes des étudiants québécois, pas des étudiants canadiens. »

La tension entre anglophones et francophones a été une source de discorde sociale par le passé, mais bien des protestataires perçoivent le choc linguistique comme « une “caractéristique porteuse” ». Graffité sur le mur du cégep Saint-Laurent où j’ai rencontré Maxence et d’autres personnes après un débat animé du syndicat étudiant, on trouve une strophe du célèbre poème écrit par Michèle Lalonde en 1968, Speak White :

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Cette description de la langue anglaise – « c’est une langue universelle, nous sommes nés pour la comprendre, avec ses mots lacrymogènes, avec ses mots matraques » trace à la peinture fraîche l’histoire de l’asservissement des travailleurs francophones au Québec avant la Révolution tranquille des années 1960. À cette époque, comme maintenant, les bouleversements sociaux dans la province de Québec ont été associés aux changements culturels et aux révolutions en marche dans le monde, tout en conservant un caractère québécois unique. L’une des promesses faites par le nouvel État laïque à l’époque était l’enseignement supérieur gratuit pour tous, et cette promesse n’a pas été oubliée, qui ne peut être oubliée chaque fois que les étudiants scandent « La loi spéciale on s’en câlisse[1] » dans les quartiers de Montréal. Pour paraphrase George W. Bush, il semble y avoir consensus sur le fait que le problème des anglophones est qu’ils n’ont pas de mot pour « en masse ».

Le facteur linguistique n’est qu’un seul des éléments qui viennent compliquer toute compréhension de la grogne au Québec qui ne la verrait que comme un simple rejeton du mouvement Occupy. Le Québec a une longue tradition de grèves étudiantes qui ont permis d’obtenir des concessions du gouvernement; la dernière remonte à 2005. Cette dernière ronde, celle qui a eu le plus d’ampleur et a duré le plus longtemps, était « planifiée depuis 2010 », selon Rushdia Mehdi, une étudiante en géographie qui porte des boucles d’oreille à carré rouge dissimulées sous ses cheveux sombres.

L’une des principales raisons pour lesquelles les étudiants du Québec obtiennent un succès relatif quant à la durabilité du mouvement en dépit des agressions policières est la manière unique dont la grève est structurée. Lorsque les étudiants de Concordia, de McGill et des autres universités ont quitté leurs salles de cours, L’État commence immédiatement à perdre de l’argent pour les honoraires des professeurs et les autres coûts institutionnels. Les syndicats étudiants estiment que le coût total de la grève pour le gouvernement provincial, présence policière y compris, a déjà dépassé le montant espérait percevoir en haussant les frais de scolarité. Pendant ce temps, les étudiants, ayant subi peu de sanctions disciplinaires pour les actions collectives, n’ont pratiquement rien à perdre sauf du temps, la seule chose que les jeunes qui parviennent à l’âge adulte dans un monde d’austérité et de chômage ont en abondance.

La combinaison du rapport de forces politique et des répercussions minimes ont fait qu’au Québec, les grèves étudiantes ont une efficacité directe bien plus grande que celles qu’ont eu, par exemple, en Grande-Bretagne, où les étudiants de l’University College de Londres ont été menacés de se faire imposer des dizaines de milliers de livres en réclamations pour dommages après avoir simplement occupé un petit groupe de salles sur le campus. Le réseau de l’Université de Californie a utilisé la même tactique d’amendes punitives contre les activistes antihausse. Les années antérieures, les étudiants montréalais et du reste de la province ont réussi à obtenir des gels et des annulations de compressions prévues aux programmes de bourses. Ces gains ne sont peut-être pas des révolutions sociales fracassantes, mais suffisent à démontrer à l’État que ce qu’on prétend être la future main-d’œuvre de la classe moyenne est encore un groupe avec lequel il faut compter. « Pour comprendre les grèves de 2012, il faut comprendre la grève de 2005 », souligne Mehdi, qui est active en politique étudiante québécoise depuis près d’une décennie. Rien n’aurait pu cependant la préparer à l’ampleur et à la durée de cette grève, ni à la férocité de l’intervention policière.

Cette fois-ci, contrairement aux années précédentes, le gouvernement du Québec n’est pas prêt à faire des compromis. Le nouvel ordre social postcrise financière est aussi fragile et impitoyable que partout ailleurs au Nord. Les pourparlers qui ont eu lieu récemment avec les porte-parole des syndicats étudiants à Québec, qui étaient censés satisfaire toutes les parties, ont fini en queue de poisson après quelques jours à peine. «  Charest fait le pari que le mouvement de grèves va s’essouffler durant l’été, lorsque les gens vont partir en vacances », explique William Burton, étudiant à la maîtrise à l’Université de Montréal. « Ils vont maintenir la loi 78 en vigueur, les étudiants vont reprendre les cours au cégep et à l’université [et] il va y avoir des confrontations. »

Il semble qu’en 2012, même la plus modérée des réformes sociales libérales a besoin d’un mouvement de rue radical pour se rendre jusqu’à la table de négociations. À New York, tout comme à Montréal, des gens sont battus et arrêtés dans la rue pour n’avoir demandé rien de plus qu’un gel des droits de scolarité correspondant à la stagnation des salaires. Le 4 juin, en regardant cinq policiers du NYPD de taille imposante plaquer un jeune homme qui se tenait paisiblement debout au milieu de la rue, le menotter, le frapper à coups de pied et lui écraser la tête entre les genoux avant de traîner son corps inerte jusqu’à un fourgon de l’escouade anti-émeute, vous auriez pu croire qu’il s’agissait d’un militant armé exigeant le renversement immédiat de l’État bourgeois plutôt qu’un étudiant préoccupé par l’obligation de s’endetter à vie pour financer son avenir.

Certains étudiants commencent à se dire, avec raison, que s’ils doivent se faire arrêter de toute façon, pourquoi ne pas être un peu plus ambitieux. Il est tout aussi facile, après tout, de se faire asperger de poivre de Cayenne pour avoir demandé poliment un gel des droits de scolarité dans un système qui regorge déjà d’iniquités que de se faire ainsi asperger après avoir demandé la gratuité scolaire universelle. À l’aide du « microphone humain », une technique d’appel et réponse, une jeune femme blonde aux cheveux très courts se tenant debout sur un pilier bas a crié « Ceci est une marche de solidarité avec les étudiants du Québec. Nous, les étudiants, ne resterons pas passifs pendant qu’on nous vole notre avenir, qu’on nous endette à vie et qu’on nous refuse une éducation à coût abordable. »

À Montréal, à New York et à Londres, des versions locales de la même crise de l’éducation et de l’emploi sont jouées, avec les mêmes séquences et parfois avec la même esthétique – les capuchons, les mélopées, les jeunes portant des masques de V pour Vendetta, la police équipée comme des chars d’assaut humains faisant face à des adolescents sans armes et réclamant à grands cris une vie une peu meilleure. Autour du monde, les étudiants confrontés au chômage et aux frais sans cesse gonflés demeurent à l’avant-garde des mouvements antiaustérité, et il y a de bonnes raisons pour cela. Premièrement, ils représentent cette même classe moyenne dont l’avenir a justement été confisqué par la relance du capitalisme occidental au sortir de la crise de 2008. Deuxièmement, ce que Maxence Valade appelle la « privatisation néolibérale de l’éducation » touche chacun d’entre nous.

Après tout, existe-t-il pour une culture une méthode plus rapide de courir à sa ruine que de faire en sorte que toute jeune personne intelligente dont les parents ne sont pas superriches devienne un esclave à vie pour dettes? Il existe peut-être pour une société des manières plus sûres de s’appauvrir littéralement et spirituellement qu’en forçant ces gens à aborder l’apprentissage comme un jeton de casino froid et dur à échanger contre la possibilité sans cesse plus mince d’assurer son avenir et en permettant aux mégabanques d’utiliser ces jetons pour créer une deuxième bulle de la dette. Et il existe peut-être des manières plus sûres de baliser un chemin vers un État paranoïaque et violent que l’imposition impulsive de lois antimanifestations qui poussent des communautés entières à sortir dans la rue pour y épancher leur colère. Il existe peut-être des manières plus rapides et plus sûres d’y arriver, mais je n’en vois aucune qui fait tout cela avec une aussi brutale efficacité. Et si vous en connaissez une, je suis impatiente de l’entendre.


[1] NdT : En France, on dirait sans doute « La loi spéciale, on s’en fout! »

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Le message semble clair: nous sommes tous des « crottés »

Le message semble clair: nous sommes tous des « crottés ».

 

Reblogué de «Trahir ».

I often disagree with Mr. Coyne but here I have to say he is non-partisan. Indeed, we were told by most of the press « there is nothing bad in this budget ». As he points out, nothing could be further from the truth.

And some measures are shockingly racist or show the contempt for civil servants that is the usual fare from Ottawapiskat since at least 2011.

And expect a row with the provinces about manpower training. It’s already begun with Quebec. Also, I betcha the $5,000 is not going to be indexed.

Corporations already have too much of a say about what is being taught and HOW it is being taught. This makes it worse.

J’ai répondu :

Et ce sont pourtant des diplômés en sciences humaines qui nous gouvernent (droit, économie… Pauline Marois = travail social et MBA). Je me suis déjà pognée avec un prof de sciences de la santé de McGill (tout un spécimen) qui disait que l’économie n’est pas une science… faudrait le dire à Harper. (Je lui ai répondu que ce n’est pas une science exacte.) Et le management, on va me faire accroire que c’est une science dure? Il y a là autant de gourous, de charlatans et de théories à la mode qu’ailleurs. Je le sais, je suis diplômée HEC en économie appliquée! Qui se souvient encore de la gestion par objectifs?

Et les gouvernements prennent des décisions à tour de bras en se basant sur les diktats de ces shamans de plastique.

Détails et dédales

L’autre soir à l’émission Bazzo.tv, le professeur d’histoire Marc Simard a évoqué «les gens en sciences humaines» qui sont dans «l’errance un petit peu». Avec raison, de nombreux intervenants sur le plateau ont réagi vivement. Je pourrais pourtant rejoindre M. Simard sur ce point (ce serait bien la première fois): c’est vrai que ça erre fort en sciences humaines. Nous pourrions nous demander si c’est si grave d’errer ou encore si ça n’erre pas ailleurs, mais aux fins de la réflexion, je voudrais surtout insister sur cette errance des sciences humaines.

Il me semble que si ça erre là plus qu’ailleurs, ce n’est pas tant que les sciences humaines provoquent l’errance, mais plutôt que nous avons tendance à envoyer ceux qui errent en sciences humaines.

Encore souvent considérées comme les sciences molles, les sciences humaines traînent avec elles le boulet de leur mauvaise réputation. Si ce n’était que des membres…

Voir l’article original 630 mots de plus

Publié dans Éducation, Commodification, Marchandisation. Commentaires fermés sur

For my lost Sisters in Spirit: gone but NEVER forgotten

May justice be done. SOON.

families of Sisters in Spirit

These magnificent MRAs in all their fear and hate…

I like all of this blogpost :

Funny Men’s Rights Video Time!

Don’t worry, it’s not a video BY an MRA. It’s a video ABOUT MRAs. A little cartoon, to be specific, by Scott Benson, who has this to say about it on his Vimeo page:

A quick editorial cartoon about the intersection of self-pity, entitlement, rape, territoriality, misogyny and fear of women. You see it all over the place online in the form of Men’s Rights Activists (of whom there are a few reasonable non-misogynists), Men Going Their Own Way, Pick Up Artists, and dudes touting the “Red Pill”, because The Matrix is a good movie. Look any of these up if you have the stomach for it. These are extreme examples, but watered-down forms of these ideas are everywhere.

In lurking their blogs and youtube channels for a while, I’ve noticed that beyond the standard patriarchal chauvinism there is this deep fear of women – what they will do to me, how they will reject me, how they will use me, how they are changing society in a way that does not favor me, how they are making men into something I don’t like, how they are making themselves into something I don’t like, that they won’t give me what I want, and that they won’t give me what I think is rightfully mine. This goes beyond fear of feminism- this is fear of women at its purest. And that, to quote a puppet, leads to anger and hate. It’s sad.

Naturally, Benson had to close the comments to the video because of, you know, too much MRA.

He wrote more about it all on his Tumblr.

I was alerted to the video by various people, including Cloudiah, which reminds me to remind you all to go look at Cloudiah’s excellent Artistry for Feminism And Kittens blog.

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FAIR WARNING: NO HATEFUL COMMENTS WILL BE PUBLISHED AND HATEFUL COMMENTS WILL REPORTED IF WARRANTED. NO FOOLING AROUND.

Notice hereby served to Jean Charest

TO ENGLISH-SPEAKING PROGRESSIVES ALL OVER CANADA
I am hereby serving notice, for the whole of Canada to see, to Jean Charest and his bunch of ****ks (except Mr. Paradis and Lise Thériault). Because of you, Québécois have been labelled as « genetically corrupt ». This slur on my people you will pay for. We are going to wipe out your party from the face of the earth forever. Your name will live in infamy (and Wikipedia).

We are going to defeat you so utterly you will cry. We will support the Charbonneau Commission of Inquiry until all the crooks are put in jail, including you if you are one of them. WE WILL CLEAR OUR NAME. And you will also pay for sending your thugs after our children to maim them and calling them terrorists. You have enacted laws that compare to those of the worst dictatorial regimes in the world.

There is a price bill for this. You will get it with due process and human rights respected, which is something you don’t care about. Money matters to you a lot more.

I spoke.

¡YA BASTA! NO PASARAN!

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