Aux Québécois venus des autres saisons


BIENVENUE


Mon pays

Gilles Vigneault

Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver
Mon jardin ce n’est pas un jardin, c’est la plaine
Mon chemin ce n’est pas un chemin, c’est la neige
Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver

Dans la blanche cérémonie
Où la neige au vent se marie
Dans ce pays de poudrerie
Mon père a fait bâtir maison

Et je m’en vais être fidèle
À sa manière, à son modèle
La chambre d’amis sera telle
Qu’on viendra des autres saisons
Pour se bâtir à côté d’elle

Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver
Mon refrain ce n’est pas un refrain, c’est rafale
Ma maison ce n’est pas ma maison, c’est froidure
Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver

De mon grand pays solitaire
Je crie avant que de me taire
À tous les hommes de la terre
Ma maison c’est votre maison

Entre mes quatre murs de glace
Je mets mon temps et mon espace
À préparer le feu, la place
Pour les humains de l’horizon
Et les humains sont de ma race

Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver
Mon jardin ce n’est pas un jardin, c’est la plaine
Mon chemin ce n’est pas un chemin, c’est la neige
Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’hiver
Mon pays ce n’est pas un pays, c’est l’envers
D’un pays qui n’était ni pays ni patrie
Ma chanson ce n’est pas une chanson, c’est ma vie
C’est pour toi que je veux posséder mes hivers

VELH

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Publié dans Antiracisme, Droits de la personne, Droits des femmes, Humeur, Islam, Politique québécoise, Société. Commentaires fermés sur Aux Québécois venus des autres saisons

La Charte? Pu capab!

hibou tanné
Aucun commentaire haineux ne sera publié. Par contre, je me réserve le droit de les transférer à la police si c’est justifié. Tenez-vous-le pour dit. Apparemment, certains n’ont pas envie de tester… respectable simon picotte Michael Laughrea David Ouellette

Eh oui, je défends le port de la kippa (Mazel Tov aux gens qui me dépeignent comme antisémite depuis des années!), du turban et du hidjab. Pas pantoute le tchador, l’abaya, le niqab et tout ce qui est plus « voilant », par contre, et ceci est ferme.

Les gens s’indignent contre le voile, mais je ne les entends pas trop se plaindre de l’utilisation faite des femmes dans la publicité. On ne parlera pas de la porno, etc.

Je pense que l’Occident n’a pas de leçons de respect ni de dignité des femmes à donner à qui que ce soit. (Et surtout pas l’arrière-garde macho des hommes pseudo-féministes et leurs cheerleaders réactionnaires. Je ne parle PAS de tous les hommes.)

Les Femen ont d’ailleurs été fondées… par un homme! Il savait que des seins, ça attirerait l’attention!

Et si nous avons des catholiques qui prennent la pilule, et que tout le monde sauf les évêques trouve ça normal, pourquoi se préoccuper de ce que les mollahs pensent du maquillage? Ces femmes voilées sont pour la plupart sincères, non opprimées, et suivent leur conscience. Nous avons nos propres contradictions… elles sont nombreuses! Alors pourquoi être étonnés que les musulmanes en vivent, consciemment ou non. Le monde arabe a créé les Mille et Une Nuits, le baladi, beaucoup de superbes poésies… et l’islam. Nous avons les soeurs cloîtrées et les annonces de déodorant Axe!

Dalila ne vit pas en Iran, que je sache? Elle vit ici! Je sais bien que les femmes sont traitées comme des citoyennes de seconde zone dans beaucoup de pays, moins développés ou pas (pas juste musulmans, à propos! Aux États-Unis, qui réglementent davantage les utérus que les mitraillettes… en Inde, en Afrique…). Mais en quoi cela a-t-il rapport avec ce qui se passe ici? Nous ne sommes pas en train de régler les problèmes de l’Arabie saoudite, mais en train d’essayer de réparer les pots cassés par le PQ et ses fomenteurs de haine.

Et puis j’en ai marre des féministes occidentaux, privilégiés, blancs et chrétiens (surtout certains hommes) qui ne connaissent qu’une seule façon d’être féministe — en microjupe et pas de brassière (c’est vraiment être libérée, ça??) — et ne croient pas les musulmanes quand elles disent faire leur choix librement, quand ils et elles ne leur accordent même pas la capacité de penser par elles-mêmes. Ça vaut bien la peine de parler des pères et des maris qui les oppriment et les traitent en mineures quand certains ici font la même chose!

Je ne suis pas musulmane et je ne porterais jamais le voile, car ce n’est pas moi. Mais voulez-vous bien cesser de penser et de décider à la place des femmes svp?

Nous nous plaignions naguère que Trudeau & Cie voulaient annihiler notre culture et faire de nous un groupe ethnique comme les autres. Il y a seulement notre culture qui est digne de respect? Certains Québécois, se sentant attaqués, ont adopté une position défensive et se sont repliés sur eux-mêmes. Grâce à la charte, les musulmans vont faire la même chose! Et c’est compréhensible.

Ça vaut bien la peine de chialer contre les ayatollahs!

Billet qui va fort probablement être rallongé plus tard.


En calvaire contre le crucifix

Femmes voilées: «augmentation dramatique» des agressions

Jean Dorion, l’anti-Djemila Benhabib

Ajout le 2013-10-05

Au sujet de la pseudo charte québécoise de la laïcité, qui est en fait une manière d’imposer la façon de faire chrétienne (selon une décision des tribunaux des années 1950, dans le cas d’un Témoin de Jéhovah).

Donc, non, ça ne vient pas seulement de Trudeau! La liberté de conscience et de religion est la première liberté qui est mentionnée dans la charte fédérale.

«Laïcité au Canada : Liberté de conscience et exigence d’égalité» de Micheline Milot dans «Archives de sciences sociales des religions», no 146, avril-juin 2009, p. 61-80

Réflexion sur la portée et les limites de l’obligation d’accommodement raisonnable en matière religieuse, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec, février 2005 (PDF)

Ajout le 2013-10-07

Feminism And Race: Just Who Counts As A ‘Woman Of Color’? Ou comment les femmes autres que blanches (et occidentales et chrétiennes?), ou les femmes blanches et noires si on a de la chance, sont traitées en êtres humainEs non importantEs, voire inexistantEs dans le débat sur le féminisme

La reine en croix

« La Ligue des droits et libertés lance cette semaine une nouvelle édition de son fascicule sur la laïcité. Nous vous invitons à le lire et à le diffuser dans vos réseaux :http://liguedesdroits.ca/wp-content/fichiers/laicite_reedition_oct.2013.pdf. »

Ajout le 2013-10-15
U
n tit détail que Mâme Bertrand & Friends oublient : 1 bonne partie du Maghreb et le Liban sont d’anciennes colonies françaises officielles ou presque et ça a joué dur en sacrament (Albert Memmi, ça vous dit quelque chose? L’OAS? Les pieds-noirs?).

Raison de plus pour les gens ayant des liens avec là-bas d’être sur la défensive vis-à-vis leur identité. Mais oups! Selon certain, la seule identité qu’il vaut la peine de défendre sur cette terre c’est celle des tits Québécois blancs, joualisants (bon nombre de ces gens-là parlent et écrivent le français mieux que nous!), pseudo-chrétiens (alors que 40% ou plus des Québécois n’y connaissent rien mais font semblant parce qu’ils aiment les arbres de Noël et puis c’est moins forçant que de penser à une solution de rechange authentique). Et plogués en permanence sur le câble américain!

Ça leur prendrait une dose intraveineuse de bell hooks! Tsé là, une féministe de couleur qui conteste le pseudo-féminisme des dames patronesses blanches, riches, colones (c’est quoi le féminin de colon?) et chrétiennes.

Trop bon, faut que je recolle (de Facebook)

Ianik Marcil

« Pourquoi apparaît-il si normal à un si grand nombre d’entre nous que l’essentiel du débat au sujet de l’immigration porte sur nos exigences, nos conditions, et très rarement sur ce que nous devrions exiger de nous-mêmes comme société d’accueil? (…) Tant et aussi longtemps que nous confinerons le débat public sur l’immigration à celui de l’intégration culturelle ou de l’apport économique représenté par les nouveaux arrivants, nous vivrons dans l’illusion d’une société juste.» – Christian Nadeau, Liberté, égalité, solidarité (Boréal, 2013), p. 192/195.« J’avais promis de ne plus parler de la Charte. Je retire cette promesse. De mes sœurs québécoises portant le hijab sont attaquées (heureusement, que verbalement, de celles que je connais) ces jours-ci. J’ai honte de mon coin de pays. »
Janette au pays des malaises

Ajout le 20 octobre

No matter how you are dressed you can still be prejudiced. Removing the visible signs is wishful thinking.

Et puis ce que je trouve particulièwrement enrageant c’est que des Québécoises et des Québécois — membres d’un peuple qui s’est plaint (souvent avec raison) que sa culture, ses coutumes n’étaient pas respectées par les autres reproduisent exactement ce comportement avec les musulmanEs.

Il y a des catholiques qui prennent la pilule. Il y a des féministes botoxées. Notre société supposément égalitaire utilise trop souvent les femmes pour vendre toutes sortes de produits, les sous-paie… la pornographie est florissante… et nous venons nous mêler de dire aux autres quoi faire? Ahem… Les musulmanEs sont des humainEs. Pourquoi ce deux poids deux mesures?

Combien de pays du Maghreb et d’Afrique ont été colonisés, exploités, francisés de force, etc.? Ces gens-là ont dû lutter pour tenir leur caractère propre en vie. Et là, nous allons les mettre sur la défensive en leur IMPOSANT notre façon de voir? Quelle belle façon de «favoriser le vivre-ensemble»! On veut leur faire ce qu’on nous a fait : les rendre invisibles!


Pourquoi je refuse de faire des dons à la SPCA

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J’ai eu des animaux de compagnie, ma fille en a et je vais sûrement en avoir encore. Je ne ris pas de cela. Loin de là. Je suis maniaque des chats.

MAIS je n’ai vraiment pas aimé l’enveloppe de cochonneries que la SPCA m’a envoyé dans le temps des Fêtes. Gros gaspillage de fonds. C’est jouer sur les sentiments des aînés (j’y suis dans 9 ans… alors ne venez pas me dire que je les juge) qui ont juste un animal de compagnie dans leur vie et qui sont assis (peut-être) sur un gros compte de banque. Je trouve ça dégueulasse parce qu’ils exploitent les sentiments des gens pour les siphonner.

Et c’est une approche des dons de bienfaisance des années 1950. Aucun investissement dans des activités visant à éliminer à terme le problème.

J’aime bien les animaux de compagnie mais je pense que c’est plus important de protéger les animaux sauvages, surtout ceux qui ne sont pas mignons mais qui jouent un rôle important dans les écosystèmes de notre planète. Et notre survie!

J’ai fait du porte-à-porte pour Greenpeace dans les années 1980, mon patron m’encourageait à parler des phoques, mais j’étais bien plus inquiète des déchets nucléaires. J’ai d’ailleurs crissé mon camp (je parle des années 1980, là! Ne basez pas votre jugement là-dessus pour l’organisation actuelle) pour cette raison. Je pense que Greenpeace ne fait plus cela. Qu’on les aime ou pas, ils ont un impact qui n’est pas mauvais. Alors je les respecte.

On peut me traiter de raciste mais je vais sauver mon espèce (les humanoïdes) en premier. J’ai un budget de dons limité et il va aller aux humains de ma région qui crèveront de faim, surtout les enfants. La malnutrition alors qu’ils sont en pleine croissance risque de les rendre malades, handicapés et non employables pour le este de leur vie. Et après on va venir les traiter d’esties de BS.

Au moment où j’écris ceci, il y a des humaines et humains qui se font exciser, condamner à mort parce qu’ils sont queer, torturer, violer… J’ai un budget de dons très limité. Je tente d’empêcher l’instauration d’une dictature au Canada (et non, je ne suis pas une maniaque des conspirations! Je me base sur une LONGUE liste de faits). Sinon nous ne pourrons plus rien faire pour protéger l’environnement et les animaux (sauf les toutous qui allument la clientèle des conservateurs…

Je soutiens Idle No More parce que C-45 est une attaque directe et peut-être mortelle (vu l’emplacement du Canada et les sables bitumineux) contre la vie sur Terre. Humains et autres, toutes nations confondues. Les gens du lac Lubicon qui sont collés sur les sables bitumineux ont déjà commencé à crever dans l’indifférence quasi générale!

Pour les dons, j’y vais par ordre d’intelligence, qui est la capacité de souffrir hélas. Les humains, les autres mammifères supérieurs (nom scientifique) comme les primates et les baleines et dauphins, etc. passent avant.

Publié dans Ambiente, écologie, C-38, C-45, développement durable, Environment, Environnement, Humeur, Mi humor, Moods, Mother Earth, Plus jamais passifs, Sables bitumineux, Sadness, Tar sands, Terre-Mère, Tristesse, Tristeza. Commentaires fermés sur Pourquoi je refuse de faire des dons à la SPCA

J’en ai marre des gens qui ne votent pas!

J’ai parfois honte d’être Montréalaise, comme hier.

Je cite André Pratte (une fois n’est pas coutume!) :

La candidate de Vision Montréal, Cindy Leclerc, a remporté dimanche l’élection complémentaire qui avait lieu dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies. Le district était jusque-là représenté par une conseillère d’Union Montréal, le parti de l’ex-maire Gérald Tremblay.

Le faible taux de participation – 21% – constitue l’aspect le plus étonnant – et le plus décevant – de cette élection. À une époque où les citoyens découvrent jour après jour l’ampleur du système de collusion et de corruption dans l’attribution des contrats de travaux publics, en particulier à Montréal, où certains réclament des élections municipales anticipées, comment expliquer que seulement un électeur sur cinq dans ce secteur de Rivière-des-Prairies s’est rendu aux urnes? N’était-ce pas là une occasion rêvée d’exprimer sa colère?

«Ils sont tous pareils», expliquent certains, parlant des politiciens. Mais alors, cela signifie que bon nombre de citoyens ne croient plus à la démocratie? Dans leur esprit, s’il ne vaut plus la peine de choisir ceux qui nous gouvernent, quelle est la solution de rechange?

Voici ce que je propose :
Quand on vote, on reçoit un code (comme un NIP) dans une enveloppe scellée imprimée d’avance. Lorsqu’on fait nos impôts, il y a une case où on inscrit le code et on reçoit une réduction d’impôt boni de 50$ (par exemple). Pas une déduction, une vraie réduction d’impôt. Page 4.

D’autres pays fonctionnent dans l’autre sens : si vous ne votez pas, vous perdez certains privilèges ou vous êtes mis à l’amende. Il faudrait que ça s’applique aux élections scolaires, à celles des CLSC et à tous les autres échelons de gouvernement. Éventuellement au fédéral (mais ce n’est pas à l’avantage de Harper que davantage de gens votent!)

On peut très bien faire les deux en même temps.

Certains pays ont déjà en place des mesures semblables, notamment en Scandinavie.

Le mythe BS = TOUJOURS paresse (MISE À JOUR)

J’avais publié ce billet en 2007. C’est triste, mais il est encore d’actualité.

Le président Bush a opposé son veto à une extension de l’assurance-maladie d’État à un plus grand nombre d’enfants. M. Richard Hétu en parle dans son blogue de La Presse. Le débat a dévié sur les pauvres et les prestataires de la sécurité du revenu. Évidemment, ça ne rate jamais : quelqu’un a sorti la vieille rengaine BS = paresse.

On nous dit d’abord qu’il y a trop de BS au Québec.
Oui, dans un sens, il y aura toujours trop de gens qui dépendent de la sécurité du revenu. Disons aussi qu’il n’y en a jamais eu si peu et que la plupart de ceux qui restent sont inaptes au travail.

Le mythe du self-made man a la vie dure. L’éthique protestante chère à Max Weber (L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme et ses autres oeuvres) a comme effet pervers que trop de gens font l’équation riche = béni de Dieu et pauvre = pécheur puni qui, évidemment, est fausse et cruelle. Ces bonnes âmes ont notamment oublié ce qu’il y a dans le livre de Job (l’histoire d’un homme qui n’a rien à se reprocher et qui subit une badluck après l’autre, parce que Dieu veut le tester; cette histoire est encore pertinente aujourd’hui parce qu’elle traite du caractère aléatoire des catastrophes qui nous frappent). Être pauvre, avoir des malheurs ne veut pas dire qu’on a péché, qu’on est nécessairement un(e) raté(e).

Je ne pense pas qu’on puisse dire que, dans tous les cas, une personne pauvre est une nouille paresseuse qui mérite ce qui lui arrive. Il y a des personnes handicapées, notamment, qui ont bien du mal à trouver et conserver un emploi. Mais même chez les non-handicapés, ce n’est pas toujours leur faute. Par contre, je sais que, sur les lignes ouvertes de certains postes de radio, c’est populaire de déblatérer contre les pauvres, les BS, les immigrants, etc. Préjugéville! Toute ressemblance avec une municipalité réelle est un pur hasard (grosse ironie)!

On me dit que certains BS ont des Harley. Eh bien, Il y a pas mal de Hell’s qui sont sur le BS puisqu’ils ne déclarent généralement aucun revenu légal. Ce ne sont pas de vrais BS. Le Harley devrait mettre la puce à l’oreille. Lisez les articles sur les enquêtes de la SQ dans ce milieu!

Pour ce qui est du BS qui se perpétue, ceux qui se regroupent (cuisines collectives, cours de gestion du budget…) s’en sortent mieux que les autres, qui sont pris avec la honte et l’isolement social, les reproches que les gens du travaillent leur font. Le BS qui se transmet s’explique notamment par le fait que l’analphabétisme et l’absence de diplômes ont tendance à se transmettre eux aussi, de même que l’incapacité de faire des choix budgétaires rationnels (faire son épicerie au dépanneur à gros prix au lieu de profiter des soldes; dans certaines banlieues, il faut un moyen de transport pour faire l’épicerie, que les pauvres n’ont pas).

Voici comment certaines personnes aident des enfants à sortir du ghetto de la pauvreté. Car la pauvreté c’est aussi l’exclusion sociale, l’absence de contacts pour l’emploi, le manque de stimulation de l’intelligence… Et les parents ne sont pas toujours à blâmer. Certains ont choisi de s’impliquer. Il faudrait plus de gens comme le Dr Gilles Julien, pédiatre social.

On dénonce les handicaps à long terme que subissent les enfants africains qui survivent de peine et de misère aux famines, mais les enfants québécois qui, aujourd’hui, ICI, mangent de la scrap pas chère ou rien du tout seront demain malades et incapables de travailler. La malnutrition, surtout en bas âge, cause des dommages au cerveau et nuit au développement. Et en plus, ils voient leurs parents fumer (plus on est pauvre, plus on fume : le seul plaisir qu’il leur reste, le reste est trop cher).

Essayez de vous chercher un emploi quand vous n’avez rien de décent à vous mettre, pas d’argent pour l’autobus et l’estomac vide pour marcher 3 kilomètres!

Un certain nombre de prestataires de la sécurité du revenu sont des gagne-petit qui ne peuvent plus travailler à la suite d’un accident, d’une maladie ou d’un acte criminel, qui ont épuisé leur assurance-groupe (les compagnies d’assurances se font tirer l’oreille pour payer plus que 5 ans, croyez-moi!) et qui se battent en cour pour se faire dédommager. Ils n’avaient pas au départ un gros compte en banque. Et il est légal pour un employeur de mettre fin à l’emploi d’une personne qui n’a aucun espoir de retourner travailler, et je comprends cela.

Les gens ne se rendent pas compte que les enfants qui ne mangent pas à leur faim pendant de longues périodes ont du mal à suivre en classe, qu’à la longue, ils vont souffrir de retards de développement et même de déficits cognitifs permanents à cause des privations. Avec une santé chancelante, peu d’instruction, aucun exemple positif, l’exclusion et la stigmatisation sociale, et de graves lacunes en «life skills», ils viendront perpétuer le mythe du BS = paresse. Je ne dis pas cela pour les rabaisser : ces gens ont besoin d’aide, pas de se faire juger. Et je ne parle pas de «charité» condescendante et méprisante! Je souligne simplement que c’est bien plus facile de créer une armée de boubou-macoutes et de couper arbitrairement que de chercher des solutions permanentes au problème de la pauvreté.

Oui, il y aura toujours des pauvres. Cela ne veut pas dire qu’il faille rester les bras croisés!

Je ne souhaite à personne de vivre ce que j’ai vécu dans mes périodes de chômage des années 80… 25$ par semaine pour faire l’épicerie, mais au moins je savais quoi acheter pour maximiser les qualités nutritives… Les gens ne se rendent pas compte à quel point les personnes à faible revenu sont gênées de leur situation : vieux vêtements, dents noires et non réparées, cheveux en bataille… jamais capables d’aller nulle part par manque d’argent, pas de médicaments, même pas une aspirine, pas de vacances pour la même raison… ah comme ça, quand on n’est pauvre on n’a pas droit à des vacances?

Les gens qui travaillent aiment porter des jugements moraux sur les pauvres : pas le droit de fumer, pas le droit de faire des enfants, pas le droit de prendre UNE bière (pas au point d’empêcher un bébé d’avoir son lait, évidemment!). Il faudrait «puncher» et rendre compte de tout! Mais les gens pauvres ne sont pas toujours plus cons que les autres, juste moins chanceux.

On oublie aussi que les gouvernements ont vidé les asiles psychiatriques et que des personnes qui sont mal équipées pour vivre en société, qui ont de gros problèmes au point de ne pouvoir fonctionner au travail, se retrouvent dans une chambre miteuse à attendre leur chèque, qu’ils sont incapables de gérer sans aide.

Et les chicanes que ce stress et ces privations entraînent… la violence aussi, ça laisse des séquelles qui sont parfois permanentes! les coups de téléphone des créanciers et la honte qui vous fait raser les murs… aller à la banque alimentaire et croiser votre voisin, qui vous regarde avec mépris…

Je dis aux bien-pensants : Jugez, jugez donc une réalité dont vous ignorez tout!

Et ce n’est pas plus facile aux USA quand on est pauvre; ce l’est probablement moins!

The land of the free! MON OEIL!!

Article de La Presse sur la ville de Montréal et la pauvreté

Signes vitaux Canada

Ajout 2012

Tout ce que j’ai écrit est encore valable, mais voici de l’information supplémentaire.

La condition économique des jeunes entre mythe et réalité

Les prestations d’aide sociale sont-elles trop généreuses?

Texte américain récent : Lies of Plutocracy: Exploding Five Myths that Dehumanize the Poor

Publié dans Droits de la personne, Humeur, Politique américaine, Politique québécoise, Société. Commentaires fermés sur Le mythe BS = TOUJOURS paresse (MISE À JOUR)

Xavier Dolan a raison et Duhaime est perdu au champ droit

Xavier Dolan, ce cinéaste québécois dont tout le monde a au moins entendu le nom, a signé une lettre d’opinion dans le Devoir qui n’a pas plu à Éric Duhaime (yé, j’en suis ravie, soit dit en passant; oups, j’avais écrit Duhaine… c’est bien comme ça que je le vois).

M. Dolan a d’ailleurs riposté au commentaire d’Éric Duhaime.

Des lecteurs n’ont pas aimé.

Monsieur Dolan,

Je suis d’accord avec votre lettre dans Le Devoir. Éric Duhaime et Stephen Harper (qui s’amuse follement à saccager le soutien aux arts et à la culture) voient le cinéma (et, à mon avis, l’art en général) comme un simple divertissement. Erreur!

L’art, et en particulier le cinéma, véhicule des messages parfois très percutants. Par exemple, Costa-Gavras a créé une série de films que j’ai aimés énormément, dont Z,  et qui m’ont révoltée contre l’injustice. On peut aussi penser à la peinture Guernica de Pablo Picasso, une œuvre immense dans tous les sens du mot que j’ai eu la chance de voir à New York avant son retour en Espagne et qui m’a beaucoup marquée.

L’art est l’expression d’une personne, d’une culture, d’une vision du monde, d’une tranche de réalité pour en faire un instantané, une critique… L’art et l’artiste sont les ambassadeurs d’un peuple, communiquent l’image d’une société. C’est pour cela que les drettistes détestent tant les artistes : ce message est parfois très critique, cru, amer, décapant. Et l’art non écrit est accessible à des gens qui ne prendraient pas le temps de lire mais qui prennent le temps de regarder.

Contrairement à ce que semble penser M. Duhaime, pour faire un bon film (comme les vôtres), une peinture ou une sculpture qui sera un chef-d’œuvre, un roman qui fait date (1984!), il faut, comme les philosophes, être en prise directe sur la vie, la réalité, l’actualité. Le créateur, le penseur ne vit pas dans une tour d’ivoire!

On veut nous faire croire que les artistes sont en marge de la société, qu’ils n’y contribuent pas, qu’ils sont des parasites.

Au contraire. L’art, la réflexion critique et tout ce qui est « inutile » selon le terme d’un auteur français – comme ces matières « qui ne procurent aucune perspective d’emploi » qu’on s’obstine à enseigner, au grand chagrin des drettistes! –  sont les caractéristiques humaines qui nous distinguent des robots ou des animaux. L’art humanise la vie.

Mais pour les gens qui vivent dans une logique purement marchande, utilitariste, matérialiste, où tout se monnaie, l’art est un « luxe » réservé aux « élites ». Pour trop de riches, l’œuvre d’art est un simple objet matériel qu’on collectionne, qui prend de la valeur et qu’on revend à profit. Une source de vanité. Et pour tout le reste, l’art est une perte de temps. Au pire, un message subversif qu’il faut éradiquer. Bien des dictatures l’ont compris, qui pourchassent les poètes et romanciers, les essayistes et, je m’en voudrais de ne pas le dire, les journalistes.

Il ne faut pas que les prolétaires décollent le nez du quotidien. Il ne faut pas qu’ils réfléchissent. Surtout, il ne faut pas qu’ils acquièrent des schèmes de pensée articulés, un sens critique, du recul.

Ça dérange la drette. Ça dérange le 1 %.
–

Ajout le 22 juillet 2012 : les banquiers sont pas mal plus près de l’idée que je me fais d’un parasite. Et puis, ce qu’on appelle trop souvent « élite », ce sont les riches, les snobs, les parvenus, le 1 %, ceux et celles pour qui papa-maman avaient les moyens de les envoyer à Harvard, ceux qui «sont assez intelligents et instruits, eux » pour comprendre l’Art! BULLSHIT. L’élite devrait être les meilleures personnes d’une société  – le contraire des plus riches, trop souvent.

Maclean’s is full of it and so is Andrew Coyne

Parodie de la couvertude de maclean's par Imagerie populaire

© Luc Vaillancourt – Imagerie populaire 2012

Spoof of the Maclean’s cover by Luc Vaillancourt, Imagerie populaire. Collection de montages photos sur la grève étudiante du Québec qui ont circulé sur les médias sociaux. – Mis à jour par @NieDesrochers.

I am fuming.

The real tuition increase is $254 X 7 years = $1,778. Maclean’s knows it. Martin Patriquin knows it. But they cater to their clientele of rabid anti middle and lower class, 1%, anti-Quebec racist crowd. So who cares about reality? Reality has a wellknown liberal bias (Stephen Colbert).

I am not going to read that piece of [insert suitable description].

Martin Patriquin did not bother to do  SINGLE interview. Funny, I thought that is what he was paid for. Or is it? Maybe you are paid to reinforce ROC prejudice? I would not be surprised. I guess the rednecks will buy this issue en masse, and think it’s the truth. So good for a positive social climate, hey?

P.S. WE (NOT JUST THE STUDENTS) are also revolting against corruption, waste, austerity and dubious government decisions, in case you have not noticed!

Yes we are marching against corruption! I guess it is because we don’t like it all that much, despite what Maclean’s and Patriquin wrote last year.

And Andrew Coyne is cooperating in the hatchet job. Oh, I guess it is normal when you are the son of a governor of the Bank of Canada…

I’ll leave it at that but I’ll add other links below.

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