Réflexions en marge de COP21

logo-cop21-frOn a beaucoup parlé de Lynn White et de son célèbre article de 1967 («The historical roots of our ecologic crisis» Lynn White, Jr., Science, vol. 55, no 3767, pp. 1203-1207, 10 mars 1967. http://www.web.cemus.se/…/2015/08/L.White_.full_.pdf). L’historien Arnold Toynbee a écrit-là dessus aussi (je n’ai pas réussi à mettre la main sur son article). On a mis le blâme sur le christianisme pour le capitalisme et l’état actuel des écosystèmes. Il y a des néopaïens qui le font, encore aujourd’hui. C’est tourner les coins ronds. (Il y a des néopaïens qui n’ont aucune conscience écologique, entre autres. Ça ne va pas de soi.)

Parenthèse pour dire que la spiritualité ou la religion peut devenir une fuite du réel, une démission, un retrait du monde. C’est le réflexe notamment de certaines sectes ou de la pensée sectaire. Mathieu Ricard en parle, Andrew Harvey aussi, de cette fuite du monde. Moi, ce qui m’intéresse, c’est la spiritualité comme «chargeur» et «ossature» de la personne qui veut changer le monde.

Je reprends.

Juste parler de Genèse 1:28, et tout attribuer à ça, alors qu’il y a deux récits de la Création, et plein de passages dans la Bible qui parlent de saine gestion, de penser aux autres, etc., c’est simpliste. Dans The Dream of the Earth, Thomas Berry ne situe pas en un point unique, n’attribue pas à une seule cause le matérialisme effréné d’aujourd’hui.

Ce n’est pas seulement à cause de Descartes et Newton qui ont décrit le monde comme une mécanique. Ni seulement à cause des penseurs du siècle des Lumières.

Une des choses les plus intéressantes qu’il dit, selon moi, c’est que le christianisme a mis beaucoup l’accès sur la sotériologie, l’aspect rédemption et salut et paradis futur. Et le millénarisme (c’est aussi Thomas Berry qui dit ça, il parle du livre de l’Apocalypse comme du début de la perception linéaire du temps et de l’histoire). Alors, la rencontre avec le divin dans la nature a pris le bord. Il y a eu une tendance au mépris pour le monde matériel. Ça s’est rendu jusqu’à l’hérésie, et cela a été d’ailleurs condamné plusieurs fois au fil des siècles. Et ça revient souvent. Un exemple : le célibat imposé des prêtres, je le vois notamment comme une forme de mépris envers le monde matériel.

Berry dit aussi que, comme l’âge d’or attendu et annoncé par saint Jean (c’est le dernier livre de la Bible, et c’est un des plus récents, sinon LE plus récent…) n’est pas venu, nous avons entrepris de le créer nous-mêmes. Mais l’apprenti sorcier a créé un monstre et il ne sait plus comment en reprendre le contrôle.

Il y a d’autres philosophies ou d’autres manières de voir le monde que celle qui est répandue actuellement (linéaire, hiérarchique, compartimentée, matérialiste…). Et nous n’avons pas toujours pensé ainsi. Car le problème n’est pas seulement de recycler, etc. Il faut reprendre conscience du fait que nous ne sommes pas au-dessus de la nature. Nous sommes aussi des animaux de chair et de sang. Nous en faisons partie.

Tout comme un humain ne peut exister «tout seul, dans les airs», en dehors de toute société, l’humain a besoin de la nature pour se ressourcer, pour se retremper. Mais surtout, pour survivre!

Lectures suggérées

 

 

 

Publié dans Ambiente, écologie, Capitalisme, Climate Change, COP21. Étiquettes : , , , , . Commentaires fermés sur Réflexions en marge de COP21
%d blogueurs aiment cette page :